Démerdez-vous tout seuls !

Vous n’entendrez pas cette phrase lors de votre appel au Centre 15, mais les Sapeurs-pompiers auront malheureusement en interne ce genre de réponse à leur demande de renfort médical lors des arrêts cardiaques.

La direction du SAMU 51, vient d’informer notre direction qu’elle ne souhaite plus intervenir sur certains arrêts cardiaques qu’ils auront jugé par téléphone “sans espoir”, afin de faire des économies. Décision d’autant plus inquiétante que l’idée même de ce concept n’a même pas choqué nos dirigeants, qui ont ensuite tenté maladroitement de nous convaincre.
Sur les lieux d’intervention, il reviendra donc aux Sapeurs-pompiers isolés, qui sont des secouristes qualifiés certes mais pas des médecins, de transmettre des éléments par téléphone pour permettre au “médecin régulateur du 15”, assis sur un fauteuil dans les locaux du CHU de Reims, d’évaluer s’il faut arrêter ou pas la tentative de ranimation.
Charge ensuite aux Sapeurs-pompiers de se débrouiller sur place avec la victime décédée et éventuellement la famille présente.
Cette décision ne sera pas systématique et selon le cas ce ne sera pas le même traitement pour tous, ne pouvant pas l’officialiser, nous savons que cela dépendra de votre situation sociale et du lieu d’intervention, exactement comme certaines interventions que l’on voit aujourd’hui. Jean de la Fontaine aurait pu écrire : Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements du Centre 15 vous rendront vivant ou mort.

Il faut également avoir à l’esprit la très lourde responsabilité pénale qui retombera sur le chef d’agrès des Sapeurs-pompiers qu’engendre cette décision. En cas de plainte, le chef d’agrès devra en répondre devant la justice, avec le SAMU qui cherchera à se décharger de toutes responsabilités, ainsi que très certainement la direction départementale du SDIS.
Il est difficile de nos jours de trouver des Sapeurs-pompiers et surtout des volontaires qui acceptent de prendre la lourde responsabilité de chef d’agrès des ambulances et on peut les comprendre, avec cette épée de Damoclès supplémentaire que cela ne peut qu’empirer.

Au lendemain de l’affaire de la jeune Strasbourgeoise Naomi Musenga et d’autres en France, les décisions prises par la direction du SAMU et donc validées par l’ARS (Agence Régionale de Santé), vont à l‘encontre de tous les beaux discours des dirigeants techniques et politiques.

Tout cela est le résultat des difficultés budgétaires des hôpitaux connues depuis des années et largement accentuées par l’ancienne ministre de la santé sous Sarkozy connue aujourd’hui par ses activités de saltimbanque, Roselyne Bachelot qui a précipité, avec sa loi HPST de juillet 2009, une désorganisation des services de santé, amenant ce genre de décision.

La CGT du SDIS de la Marne ne sera pas complice de cette politique d’épicier irresponsable, où les orientations sont prises uniquement par rapport au coût et non plus basées sur le service public de secours et de santé que l’on doit à la population.
Nous nous lutterons contre tous ceux qui accompagneront cette mise à mort par correspondance :
– contre la direction du Centre 15,
– contre l’Agence Régionale de Santé,
– contre la direction du SDIS qui sera complice,
– contre les médecins amnésiques au point d’oublier le serment d’Hippocrate et notamment cette dernière phrase : Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque,
– …

Changer cette politique de santé est possible, car nous ne sommes pas seuls et nous nous battrons :
– avec tous les Sapeurs-pompiers mis en portafaux par cette décision inhumaine,
– avec tous les personnels des établissements de santé scandalisés,
– avec et surtout tous les citoyens qui n’acceptent pas que l’on les laisse mourir, eux et leurs familles sans que le maximum soit fait pour les aider,
– …

Nous restons très attentifs à la suite de cette non assistance à personne en danger de mort que les différentes directions veulent mettre en place. Nous ferons le nécessaire pour stopper cette pratique ignoble et nous vous informerons des suites et des actions que nous mettrons en oeuvre, telles que des débats publics face aux fossoyeurs s’ils en ont le courage, des conférences de presse, des distributions de tracts, …

La CGT du SDIS 51 restera garante d’un service public de qualité.


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