Pourquoi reconnaître les sapeurs pompiers en catégorie super active ?
Qu’est-ce que la catégorie super active ?
La catégorie « super active/insalubre » concerne les emplois présentant un risque particulier ou des fatigues exceptionnelles allant jusqu’à une usure prématurée, justifiant un départ encore plus anticipé à la retraite.
On y trouve par exemple certains personnels de police, pénitentiaire ou des métiers très insalubres comme les égoutiers.
Les sapeurs‑pompiers professionnels sont reconnus en catégorie « active », ce qui signifie que l’État nous reconnaît officiellement un risque particulier et des fatigues exceptionnelles dans notre emploi.
Nos activités nous exposent constamment à des incendies, accidents de la route, violences, mais aussi au stress post‑traumatique et aux troubles psychiques liés aux interventions graves (décès, enfants, catastrophes).
La pénibilité est double : physique (port de charges, travail en chaleur extrême, fumées, horaires décalés, nuits répétées) et mentale (urgence permanente, détresse humaine, pression du résultat immédiat).
Cette accumulation entraîne une usure prématurée de l’organisme, des blessures, des incapacités opérationnelles et une incapacité réelle à tenir le même niveau d’engagement jusqu’à l’âge de départ à la retraite des autres fonctionnaires actifs.
Aujourd’hui, les pompiers bénéficient d’un départ anticipé au titre de la catégorie active, mais cela repose sur un nombre d’années de services élevés et ne compense pas toujours la dangerosité et la pénibilité vécues tout au long de la carrière.
Des questions parlementaires soulignent que le dispositif actuel reste pénalisant, notamment en fin de carrière (reclassements, perte de revenus, bonifications limitées), et qu’il ne prend pas pleinement en compte la dangerosité du métier.
Pourquoi la catégorie super active serait cohérente ?
Les critères de la catégorie super active (risque particulier, insalubrité, fatigues exceptionnelles renforcées, impossibilité de travailler longtemps au même poste) correspondent largement à la réalité opérationnelle des sapeurs‑pompiers.
Nous reclasser en catégorie super active permettrait de reconnaître pleinement la dangerosité et la pénibilité de ce métier, d’aligner leurs droits à départ anticipé et à bonifications de retraite sur le niveau de risques réellement encourus, et de mieux protéger ceux qui, par leur engagement, paient un lourd tribut humain au service de la population.
Ce n’est pas seulement une question d’âge de retraite, c’est une question de fin de carrière digne et de reconnaissance de notre métier à sa juste valeur.
Pour la CGT SDIS 51, Benjamin JESSON



